Rassemblement dans l'ancienne place d'appel après le réaménagement. 11 septembre 1974. Photo: Mémorial du camp de concentration de Mittelbau-Dora

Le Mémorial à l'époque de la RDA

Dans les années d'après-guerre, les survivants et leurs proches se sont rendus sur les anciens terrains du camp pour exprimer leur douleur et chagrin. Les premières commémorations officielles sur place ont eu lieu dans les années 1950, principalement lors des «pèlerinages» d'anciens déténus français et de leurs familles. À leur initiative et avec le soutien d'acteurs locaux, dont le survivant de Buchenwald et plus tard le maire de Nordhausen, Fritz Gießner, un premier site commémoratif avec une pierre commémorative a été créé dans la zone de l'ancien crématoire.

Au début des années 1960, le Fonds culturel de la RDA a pris en charge les coûts de production d'une sculpture de l'artiste Jürgen von Woyski. L'œuvre était initialement prévue comme une contribution de la RDA au Musée international d'Auschwitz, mais elle a été rejetée par le ministère de la Culture. Rétrospectivement, le dévoilement cérémoniel de la sculpture le 9 août 1964 devant l'ancien crématorium a été considéré comme l'acte fondateur du «Mémorial d'exhortation et de commémoration de Dora». Deux ans plus tard, une première exposition permanente sur l'histoire du camp s'ouvre dans l'ancien crématoire.

Cependant, la plus grande partie de l'anciens terrains du camp sont restées inexploitées à l'époque de la RDA. Dans la politique de la mémoire de la SED (Parti socialiste unifié), le Mémorial de Mittelbau-Dora ne jouera jamais un rôle prépondérant. Contrairement à Buchenwald, Sachsenhausen et Ravensbrück, le gouvernement de la RDA ne lui attribuera jamais le rang d'un «Mémorial national d'exhortation et du souvenir»; Mittelbau-Dora se tiendra toujours dans l'ombre de Buchenwald, même si des efforts au niveau local tentèrent de continuer à aménager le mémorial.

Au début des années 1970, les autorités locales firent de l’ancienne place d’appel, entièrement reconquise par la nature, la « Place d’honneur des Nations », en l’équipant d’une tribune pour les orateurs, d’une vasque pour la flamme et de hampes pour les drapeaux. Aujourd'hui encore, cette aménagement façonne l'impression du lieu. En 1988 commencèrent les travaux du génie civil pour rouvrir l’accès aux galeries souterraines, mais furent de nouveau interrompus par manque d’argent la même année.