Les fresques d'Ellrich

Dessins redécouverts de prisonniers français

Exposition temporaire au Mémorial du camp de concentration de Mittelbau-Dora (ancien poste d'incendie)
12 avril 2010 au 13 March 2011

Pendant plus de 50 ans, ils étaient passés pour disparus, à présent ils sont présentés au public dans le Mémorial du camp de concentration de Mittelbau-Dora : des dessins muraux du camp extérieur d'Ellrich-Juliushütte. Les tableaux réalisés en 1944-1945 par des prisonniers français n'ont été redécouverts qu'en 2009 dans le dépôt berlinois d'un musée. Ils figurent maintenant au cœur d'une exposition qui a été inaugurée à l'occasion du 65e anniversaire de la libération des camps de concentration au sud du Harz.

De tels tableaux muraux dans des hébergements de détenus ou d'autres bâtiments concentrationnaires n'étaient pas rares. La plupart du temps, les tableaux montraient des motifs qui leur permettaient de s'échapper par la pensée de la cruelle réalité du camp, souvent des caricatures ou - comme dans le cas des fresques d'Ellrich, des scènes de contes de fées. Des prisonniers aux dons artistiques étaient chargés de les réaliser, ils étaient pour cela dispensés pour une courte durée du travail meurtrier sur les chantiers des kommandos. Les auteurs des fresques d'Ellrich sont les Français Georges Sanchidrian et Tanguy Tolila-Croissant qui, tous les deux, ne survécurent pas à leur déportation à Ellrich-Juliushütte.

À Ellrich, une petite ville aux maisons à colombages entre la Thuringe et la Basse-Saxe, se trouvait dans la dernière année de la guerre l'un des plus épouvantables camps extérieurs du complexe concentrationnaire de Mittelbau-Dora. 4 000 personnes de toutes les régions d'Europe ont trouvé ici la mort. L'exposition des fresques remet à jour des traces inhabituelles de l'existence carcérale à Ellrich, rappelant ainsi un camp pratiquement oublié, dont le terrain après 1945 s'est trouvé divisé par la frontière interallemande, et dont les vestiges ont été volontairement détruits de part et d'autre.