En savoir davantage

Archives photographiques numériques (seulement en allemand)
Vous trouverez des photographies datant de 1952, prises dans le camp en partie démonté  ici.

image

L'État SS

La couverture de l'édition originale de L'État SS d'Eugen Kogon, 1947.

image

Photo : Ernst Schäfer

Une cérémonie du souvenir

D'anciens prisonniers communistes au cours d'une cérémonie du souvenir le 11 avril 1948, à l'occasion du 3e anniversaire de la libération, devant la Tour de Bismarck sur le versant sud de l'Ettersberg.

Les années 1940

Le camp de Buchenwald fut le premier camp de concentration à être délivré par une armée alliée. C'est pourquoi les articles, les films et les photos de presse réalisés juste après la libération marquèrent de façon durable les impressions que le monde occidental se fit sur les crimes perpétrés par les nationaux-socialistes et la réalité du camp. Dwight D. Eisenhower, le futur président des États-Unis, chef des forces armées alliées, nota dans ses mémoires à propos d'une visite du camp de concentration externe d'Ohrdruf le 12 avril 1945, c'est-à-dire un jour après la libération de Buchenwald :

« Je n'ai jamais été en état de décrire les sentiments qui m'ont submergé lorsque je fus pour la première fois confronté au témoignage tellement évident de la barbarie des nazis, et au fait qu'ils étaient passés outre, sans l'ombre d'un scrupule, aux plus primitifs commandements de l'humanité. [...] Rien ne m'aura jamais plus bouleversé que cette vue. Dès que je fus revenu au quartier général de Patton, le soir, je télégraphiai à Washington et Londres et insistai dans les services gouvernementaux pour qu'on envoie sans plus de délais une série de rédacteurs de journaux et de députés en Allemagne. Je tenais pour juste que le public en Amérique et en Angleterre ait accès à ces preuves, sans plus attendre, et de telle façon qu'aucun doute cynique ne soit plus possible. »

Également sous l'effet d'une visite du camp le 15 avril, le Général Patton, commandant de la 3e armée américaine, ordonna qu'un groupe représentatif de citoyens de Weimar soit forcé à se rendre dans le camp.
 
Au-delà des visites organisées et des documents photographiques ou filmés, le rassemblement des récits de prisonniers survivants a considérablement aidé à la compréhension de ce qu'était la réalité du camp, et à la diffusion de l'histoire du camp de concentration de Buchenwald. Déjà dans les premiers jours qui suivirent la libération, plus de 100 survivants qui, pour la plupart, avaient eu une fonction dans le camp et pour cela le connaissaient mieux que d'autres, rédigèrent environ 150 témoignages à la demande d'une équipe des services secrets du « Psychological Warfare ». Alors qu'ils avaient tout d'abord été pensés comme rapports pour le quartier général des forces armées alliées, le publiciste autrichien et ancien détenu Eugen Kogon, essentiellement engagé à l'établissement et à la collecte des témoignages, intégra ces récits à la première œuvre de référence sur le système concentrationnaire nazi. En 1946 parut la première édition de son livre, « L'État SS ». Une bibliographie de la littérature étrangère sur le camp de Buchenwald regrouperait bien plus de 1 000 titres.

Bien avant la fondation officielle de la R.D.A. et la dissolution du camp spécial n° 2, le département d'information de l'administration militaire soviétique recommanda à l'Union des persécutés par le régime nazi (Vereinigung der Verfolgten des Naziregimes - VVN) en juillet 1949 « d'aménager dans le camp de Buchenwald un musée national », à l'exemple d'Auschwitz et de Theresienstadt. Cependant, ce « musée de la résistance de grande envergure », envisagé par la VVN, dans lequel d'anciennes baraques auraient été mises à la disposition de différentes nations afin de constituer chacune leur propre exposition, ne vit jamais le jour.

En tant que gremium supérieur du parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), le politbureau avait d'autres plans. Lors d'une réunion en janvier 1950 du comité de Buchenwald fondé par d'anciens prisonniers, son président Walter Bartel communiqua de façon lapidaire :
« Le parti a donné ordre de réaliser un 'mémorial Thälmann' »
.

Ce que cela signifiait pour l'aire du camp apparaît clairement dans une décision du secrétariat du comité central du SED, le 9 octobre 1950 : il fut ordonné de démolir tout le camp avec l'ensemble de ses baraques, cette mesure ayant été préparée par les anciens détenus Walter Bartel et Robert Siewert, ainsi que par le président de la VVN de Thuringe, Willy Kalinke. Seuls le crématoire, lieu où mourut le précédent président du parti communiste allemand (KPD), Ernst Thälmann, le bâtiment d'entrée ainsi que les tours ouest et est devaient être conservés. La décision fut parachevée ultérieurement par un plan de reboisement du terrain.

< >